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Les OVNIS dans la presse quotidienne:

La vague française de 1954 dans la presse:

L'article ci-dessous est paru dans le quotidien Libération, Paris, France, pages 1 et 5, le 15 octobre 1954.

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A chaque jour son histoire de fou...

Les Martiens sont-ils cousin de Bao Daï?

Deux feuillets détachés d'une brochure du prince du loch par des campeurs vietnamiens ont été pris pour des messages intersidéraux

CONTRAIREMENT à ce qu'impriment certains confrères, le dossier des "soucoupes volantes" n'est pas ouvert en France car il ne contiendrait pour le moment que du vent. Ce qui est ouvert tout grand, c'est le robinet déréglé de ces mêmes confrères et de l'agence de presse qui continue à nous débiter les informations les plus fantaisistes de mêlée de mises au point et de démentis, sans discrimination, en vrac, comme s'il s'agissait des accidents de la route et des "sinistres".

Parmi ce flot incontrôlé, dont nous avons décidé désormais de vous faire grâce, recueillons toutefois pour l'édification de nos lecteurs ces petites perles de l'imagination de quelques-uns de nos contemporains.

Sur un terrain vague de Toulouse, trois témoins - dont un adolescent - ont vu, le 13 octobre à 19 h. 33, un scaphandrier de petite taille, avec une tête grosse par rapport au corps descendre d'un engin sphérique et

Jacques DEROGY.

Suite page 5, Col. 3

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SOUCOUPES VOLANTES

Suite de la P.1-Col.7

rougeâtre. Le scaphandrier brillait comme du verre et roulait deux yeux énormes. C'est là un portrait classique de la littérature dite d'anticipation. Mais cette fois le rayon vert faisait défaut.

Mieux, à Montluçon, un employé de la S.N.C.F. a rencontré en traversant les voies, à proximité du pont du Gers, une torpille de 4 mètres posée à proximité d'un réservoir de gaz oil destiné aux autorails. A côté se trouvait un être terriblement poilu.

"Que faites-vous là? questionna le cheminot, paraît-il intrigué.

- Gas oil", répondit l'inconnu, qui faisait sans doute le plein de son engin puisque quelques minutes après la vision s'évanouissait à la verticale, sans laisser de traces.

Mais des traces, il se trouve toujours des "témoins" pour en fournir. Témoins les chasseurs de Saint-Ambroix (Gard) qui, ayant aperçu sept êtres minuscule s'engouffrer dans un engin phosphorescent, ont découvert à l'emplacement de celui-ci des graines d'aspect bizarre qu'aucun grainetier de la région - souligne la dépêche - n'a pu classer dans une espèce connue.

"Les Martiens écrivent en quoc-ngu"

La meilleure de la journée est tout de même cette histoire qui nous vient de la Haute-Garonne, où un mécanicien de Lèguevin, Jean Marty, 42 ans, affirmait hier matin avoir vu se poser au milieu d'un champ, dans la nuit de mardi à mercredi, un disque lumineux de 7 mètres de diamètre et de 2 m. 50 de hauteur.

Lorsque le "témoin" voulut s'approcher, le disque s'éleva dans les airs, sans bruit, verticalement et à une allure vertigineuse. Sur l'herbe, à l'endroit d'où l'engin s'était envolé, M. Marty ramassa deux feuillets de papier glacé, couvert de caractères d'imprimerie, ni souillés, ni froissés, ni humides, comme s'ils venaient d'être déposés à l'instant. Un ancien militaire d'Indochine, retiré dans la région, put déchiffrer le texte écrit en "quoc-ngu", qui est l'écriture romaine de la langue vietnamienne, et traitant de questions intéressant le Vietnam et le Vietminh! De là à embrouiller le dossier des soucoupes volantes et le dossier des "fuites", il n'y avait qu'un pas qu'une enquête rapide empêchera à certaines imagination débordante de franchir. Les investigations aussitôt entreprises par la Sécurité aérienne on fait, en effet, apparaître qu'il s'agissait de deux feuillets arrachés d'une brochure éditée par les services du prince Buu Loc (représentant de Bao Daï en France et cousin de l' "empereur") et abandonnés à Léguevin par des vietnamiens Venus pique-niquer... Il y était question d'entrées de navires dans les ports indochinois et d'arrivages de poissons...

Soucoupes et ballons

Ainsi se dégonflent les plus belles baudruches. Il suffit de faire l'enquête. De la même manière, le gouvernement militaire de Metz, qui avait ouvert une enquête sur le "mystérieux" cercle lumineux saisi dimanche soir dans le faisceau d'un projecteur, a conclu qu'il n'y avait pas lieu de prendre en considération les informations publiées à ce sujet.

Mais les autorités militaires ne doivent pas être seules habilitées à enquêter sur les observations relatées à droite et à gauche. Si l'on veut vraiment que soit posé le problème des phénomènes observés ces temps-ci dans notre ciel, il faut couper court à cette avalanche de canards, de ragots et de racontars plus ou moins farfelus, soit en interrogeant les prétendus témoins, soit, quand la bonne foi ne fait pas de doute, en se renseignant et en renseignant le public sur les événements qui sont souvent à l'origine d'observations sérieuses.

Ainsi, une mise au point a été faite hier par une habitante de Croth-Sorel, Mme Omonts, au sujet de la "soucoupe" signalée samedia vers 18 h. 30 au-dessus de la région de Saint-André.

- L'objet n'était qu'un vulgaire ballon, qui portait un dessin peint en rouge à son sommet, et une nacelle maintenue par des cordages.

On aurait sans doute pas manqué de nous signaler également un étrange phénomène dans le ciel savoyard, aperçu ce matin à Modane, à Saint-Jean-de-Maurienne, à Aiguebelle où cars et autos se sont arrêtés, à Chambéry et à Grenoble ou simultanément on lui attribua la forme d'une ampoule de sérum volant, si un radio-amateur de Besançon, M. Brunet, n'avait à 13 h. 30 de capter le message suivant:

Université de Padoue, à Milan (Italie), a envoyé ballon pour recherches nucléaires. Par suite avarie radar [!], engin a dépassé frontière prenant direction Grenoble Ou probablement à 17 heures G.M.T. Prévenir population car ballon peut être dangereux [!] atterrissage ou après."

Vers la fin de la soirée, la préfecture de l'Isère recevait ailleurs deux télégrammes venant de Milan et de Paris et demandant "aide pour récupération ballon chargé matériel scientifique pour étude rayons cosmiques"... Le parachute avait été recueilli à Briançon, à 17 h. 30, et l'enveloppe du ballon vers 22 heures, aux portes de Grenoble.

Cabaretier-physicien

On voit par ces exemples les possibilités d'une information honnête. Cela ne consiste pas à ouvrir un "dossier" plein de coupures de presse, d'extraits de science-fiction, et de dépêches incontrôlées d'agences ou de correspondants. Encore faudrait-il qu'un "dossier" d'archives de ce genre fut complet. Il est assez piquant de lire dans le "dossier" ouvert depuis quatre jours par "France-Soir" que "le physicien George Adamski qui tient pour acquis que les passagers des soucoupes viennent d'une autre planète, Mars ou Vénus, et ajoute cette précisions décisive que la "Marine" prépare des brigades de spécialistes dont la mission sera d'accueillir les visiteurs d'un autre monde". Notre confrère "Paris-Presse" avait, en effet, il y a dix jours, vendu la mèche et d'autres avant lui: "Enfin un dénommé George Adamski, cabaretier en Californie, a fait fortune en décrivant les splendides éphèbes blonds venus de Vénus dans des soucoupes en forme d'abat-jour et avec lesquels il eut l'avantage de s'entretenir longuement."

L'information a un rôle positif à jouer en soumettant à l'examen des spécialistes les récits vraisemblables, précis, complets, et concordants de témoins de bonne foi, comme les observations signalées hier par cinq toulonnais et par des habitants du Luc, de Cavalaire, et de Saint-Jean-du-Var, qui ont aperçu entre 18 h. 10 et 18 h. 15 une boule de feu venant à vive allure de la mer et disparaissant derrière le Cannet des Maures, en laissant des traces phosphorescentes autour d'elle.

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Cette page a été mise à jour le 26 mars 2026.