L'article ci-dessous est paru dans le quotidien Idaho Daily Tribune, Lewiston, Idaho, USA, 7 juillet 1947.
Voir le dossier du cas.
Par DAVE JOHNSON
(Rédacteur aéronautique de l'Idaho Statesman)
Boise, 6 juillet -- AP -- J'ai volé aux instruments cet après-midi pendant quelques heures avec la Garde nationale de l'Idaho. Un lieutenant-colonel était assis à l'avant et surveillait le ciel à la recherche de disques pendant que je me débattais avec les cadrans et le radiophare.
Nous sommes revenus dans le circuit de Gowen Field, et la tour de contrôle a appelé pour signaler que des gens à Ontario, Oregon, avaient informé la CAA qu'ils avaient vu des soucoupes tournoyer dans le ciel.
Or, il y a une chose à propos de ces soucoupes. Je n'en ai jamais vu une seule, alors sur le chemin du retour je suis passé au bureau du Statesman avec une idée. C'était de prendre l'Early Bird n° 3, notre avion, de décoller cette nuit et de rôder autour des voies aériennes, simplement pour regarder.
J'ai présenté l'idée au rédacteur en chef local et je l'ai embellie un peu, et une expression bien connue s'est étalée sur son visage, comme si quelqu'un venait de jeter une brique dans une mare de boue.
Il parla quelques minutes et j'écoutai. Le résultat fut que je quittai le bureau avec de l'argent pour les frais dans ma poche et un rendez-vous avec Kenneth Arnold, l'homme de Boise qui, deux semaines plus tôt, avait vu les disques foncer autour du mont Rainier, dans l'Etat de Washington.
J'ai ce qu'on appelle une affectation générale. Je pars à la chasse aux disques avec Arnold dans l'avion du Statesman.
Le rédacteur en chef local avait déclaré:
"Dave, j'étais justement sur le point de t'appeler pour discuter avec toi de cette satanée histoire de soucoupes. L'affaire a commencé ici à Boise avec Arnold et elle devient incontrôlable. Les agences de presse diffusent davantage de dépêches à ce sujet que pour n'importe quelle autre histoire depuis des années, à l'exception de la guerre, et personne n'en sait plus aujourd'hui qu'à l'époque où l'on doutait de ce type, Arnold, qui a le premier signalé avoir vu quoi que ce soit, réel ou imaginaire, que les gens observent maintenant.
"Comme je l'ai déjà dit, cette affaire a commencé à Boise et c'est à nous, si nous le pouvons, d'aider à la ramener sur terre. J'espère que tu pourras attraper une de ces fichues choses au lasso et la rapporter pour l'exposer, mais d'un autre côté, il serait peut-être bon d'être prêt à te mettre à couvert si tu vois quelque chose filer dans les environs."
Je pourrais ajouter ici que le patron ne vole pas.
"Fais chauffer ton avion", dit-il, "et va du côté de la zone de l'usine atomique de Hanford, dans l'Etat de Washington, et reste-y jusqu'à ce que tu trouves quelque chose ou que tu abandonnes. Vois si ce type Arnold veut t'accompagner (il a sauté sur l'occasion) et prends le meilleur équipement photographique que tu puisses trouver, puis reste aussi longtemps que tu voudras."
Une telle mission - reste aussi longtemps que tu voudras - n'est pas quelque chose qu'on accepte à la légère.
"Vole dans cette région", dit le rédacteur en chef, "parce que mon intuition est que si ces choses viennent de quelque part, elles viennent d'un projet comme Hanford. L'armée a nié cette possibilité, mais l'armée a fait des démentis une activité majeure depuis des années. Dans un cas, un militaire a déclaré qu'il n'y avait rien d'alarmant: "il y avait quelque chose derrière les soucoupes, l'armée nous en aurait informé."
"Si tu vois quoi que ce soit correspondant à la description - ou aux centaines de descriptions - prends une photo et file à toute vitesse vers Boise."
"Ah oui", ajouta-t-il. "Bonne chance à toi."
Ils retirent l'assurance de mon salaire.
J'ai téléphoné à Arnold. Nous décollons demain matin de bonne heure. Arnold a une nouvelle caméra de cinéma avec téléobjectif et nous sommes bien équipés pour les prises de vues.
Quelque part depuis l'est de l'Etat de Washington demain soir, vous aurez de nos nouvelles, à condition, bien sûr, que nous ne tombions pas sur quelque chose qui prouve que ces récits sont authentiques et qui nous passe dessus.
Le bureau de rédaction a dit qu'il nous soutiendra.