L'article ci-dessous est paru dans le quotidien L'Union, de Reims, France, page 3, le 2 octobre 1954.
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Est-il de nos jours un sujet qui favorise davantage l'imagination que les soucoupes, cigares, et autres apparitions célestes qui, chaque jour, dans tous les pays, posent un gigantesque point d'interrogation. Toute la presse est remplie de constatations troublantes, souvent assorties d'hypothèses plus ou moins valables.
Or, en toute logique le sujet "des soucoupes volantes" exige une concision, une honnêteté rigoureuse des observations. C'est par la précision et l'authenticité absolue des récits de ceux qui ont le privilège d'avoir vu les objets inconnus qu'on peut espérer savoir un jour de quoi il s'agit.
Nous présentons ici, en nous défendant du moindre commentaire, trois interviewes, dont celle du maire de Saint-Dizier.
En effet, le mercredi 29 septembre au soir, quelque chose est passé dans le ciel de notre région et, à notre connaissance, trois personnes ont vu cette chose. Précisons que MM. Laurent, Leclerc et Daunay ne se sont pas concertés et qu'ils ont enregistré leurs observations au même moment, à des dizaines de kilomètres de distance l'un de l'autre. Si nous n'avons eu connaissance de leurs récits que deux jours après le phénomène, c'est que ces trois personnes n'ont pas cru devoir faire état de leur vision. On comprend aisément de leur part une certaine crainte de se voir taxer d'imagination ou d'autosuggestion.
Seule la confrontation des témoignages pouvait établir solidement le fait. A ce propos, dans l'intérêt d'une ample information sur le chapitre des objets volants, nous invitons le public à nous communiquer les observations éventuelles qui peuvent toujours être d'une grande importance, parfois à l'insu même des observateurs.
M. Laurent, maire de Saint-Dizier, avait quitté l'Hôtel de Ville mercredi vers 20 heures, à quelques minutes près. Il portait deux dossiers sous le bras et, seul, il s'engagea dans la rue de la Victoire, dans le sens rue des Alliés, rue Gambetta, pour regagner son domicile. Laissons le parler:
- Le ciel était étoilé. Je marchais au milieu de la rue en sifflant. Soudain, j'ai littéralement le sifflet coupé. Sur l'écran du ciel, quelque peu restreint que permet l'enfilade de la rue (elle-même orienté sud-ouest nord-ouest), je venais apercevoir une vive lumière qui se déplaçait à grande vitesse.
Je distinguais nettement une forme allongée que je puis comparer au cigare dont tout le monde parle. Cette forme était de couleur jaune verdâtre, elle était suivie d'une traînée lumineuse plus longue qu'elle. Sur le moment, je crus à l'apparition d'une grosse étoile filante. Mais un météore décrit toujours une courbe descendante, or, ce cigare montait vers le sommet de la voûte céleste où il disparut en s'amenuisant comme s'il s'éteignait.
L'objet lumineux se déplaçait à très grande vitesse, à une altitude que j'estime à plusieurs milliers de mètres au départ, dans le sens approximatif sud-est nord-ouest. Etant donné le mouvement ascendant et la distance, je ne puis affirmer l'exactitude de cette direction. L'apparition a duré à peine quelques secondes mais elle fut très nette et aucun doute n'existe pour moi sur son caractère inhabituel.
M. Gilbert Daunay, âgé de 31 ans, employé à la S.N.C.F. à Saint-Dizier, habite Ancerville (6 km. à l'est de Saint-Dizier), où il se trouvait mercredi soir. Il était debout en compagnie de son beau-père, M. Deschamps, sur le seuil de sa demeure qui est située en bordure de la route nationale n° quatre, côté droit dans le sens Saint-Dizier-Nancy. Laissons le raconter ce qu'il a vu.
- Il était à peu près 19 h. 45, mercredi soir. Soudain, une lueur apparut en l'air du côté de l'est. Quelque chose dont je ne puis préciser la forme, à peu près gros comme la lune, de couleur violet, suivi d'une traînée rouge, filait beaucoup plus vite qu'un avion dans le sens Chamoulley - Bettancourt (sud-est - nord-ouest). Le temps était clair. Je distinguais nettement la lampe rouge allumée au sommet du derrick du Z de la Houpette. Je vis la chose assez à l'aplomb de cette lampe rouge à la hauteur ou volent normalement les avions. Mais je ne puis dire si la chose a survolé le derrick ou si elle est passée beaucoup plus loin.
Mon beau-père, qui est âgé de 58 ans, n'a rien vu car, dans ma surprise, je l'ai appelé juste au moment où la chose disparaissait. Cela n'a duré que quelques secondes. L'apparition m'a ensuite été cachée par les maisons qui me faisais [sic] vis-à-vis.
M. Pierre Leclerc, 41 ans, est lui aussi employé à la S.N.C.F. à Saint-Dizier. Il demeura à Voilleconte (7 km. à l'ouest de Wassy). Il circulait seul au centre de ce village quand, lui aussi, mercredi vers 20 heures, il vit quelque chose dans le ciel.
- J'ai vu passer une espèce d'engin, comme qui dirait un gros cigare, qui filait à toute vitesse, beaucoup plus haut que l'altitude des avions. Le cigare était blanc, très lumineux. Il était suivi d'une traînée trois fois comme lui, de couleur changeante comme l'arc-en-ciel. Il circulait horizontalement, très loin, dans le sens Wassy-Frampas (sud-est nord-ouest). Je l'ai suivi des cieux pendant environ 5 secondes, temps qui lui a suffi pour filer d'un bout à l'autre de l'horizon. Des arbres me l'ont fait perdre de vue.
Nous nous bornerons a ajouter que nous avons questionné nos interlocuteurs de façon à obtenir de leur part la vérité intégrale. Nous avons transcrit à la file réponsea, sans faire état de ces questions qui sont celles que chacun de nos lecteurs aurait pu leur poser.