L'article ci-dessous est paru dans le quotidien La Bourgogne Républicaine, Dijon, France, page 1, le 24 septembre 1954.
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Il apparaît de plus en plus nettement que les soucoupes volantes, si elles nourrissent l'information, commencent à perturber sérieusement l'équilibre de nos contemporains.
L'autre jour, un cultivateur picard, M. Cordier Eugène, a retrouvé sa jeune femme "en extase". (Je cite la dépêche).
"Elle regardait dans le ciel -- (je cite toujours la dépêche ) -- un étrange engin en forme de long cigare."
M. Cordier n'était pas content du tout!
Outre qu'il pouvait à juste titre supposer que Mme Cordier, subitement frappé d'un complexe freudien, se livrait dans son extase suspecte à un petit jeu des comparaisons nettement à son désavantage, la soupe avait brûlé dans la marmite.
Mais il y a pire encore!
Un habitant de Zuidlaardeven, dans le Groningue, M. Van der Veen, signale que, l'autre nuit, il a vu évoluer, au-dessus de lit où il reposait aux côtés de Mme Van der Veen, une douzaine de boules lumineuses de la grosseur d'une bille.
Si les soucoupes et leurs succédanés se mettent à hanter les gens jusque dans l'intimité de leur chambre, où allons-nous?
Il est grand temps de réagir!
En ce qui me concerne, mon parti est pris.
Je ne nie pas les soucoupes "a priori". Cela ferait de la peine à mon ami Garreau.
Seulement, une chose est certaine. Jusqu'à nouvel ordre, je continuerai, quand je serai au lit, à m'employer de façon plus judicieuse que de chasser la soucoupe. J'honorerai ma voisine ou, tout au moins, je rêverai que je l'honore!
ESOPE.